Sylvie Dethiollaz : « Est-ce qu’il faut vraiment attendre d’avoir une preuve définitive pour en parler ? »

La chaîne Youtube Lueur publie une nouvelle vidéo : un entretien exclusif avec la chercheuse Sylvie Dethiollaz.

Sylvie Dethiollaz est docteure en biologie moléculaire. A la fin de ses études, elle se passionne pour les Expériences de Mort Imminente (EMI) qui touchent selon elle à « deux questions non résolues en biologie : qu’est ce que la mort? Et qu’est-ce que la conscience ? ».

Depuis 1999, elle étudie les « états modifiés de conscience non ordinaires » au sein de sa fondation l’ISSNOE (anciennement NOESIS), parmi lesquels les expériences hors du corps. En plus de diffuser de l’information, l’ISSNOE offre un accueil, une écoute et un soutien psycothérapeuthique aux personnes vivant ce type de phénomènes.

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Comment savoir si l’EMI n’est pas un rêve, une hallucination ou un fantasme ?

A ce jour, il existe des millions de récits d’EMI, au sein desquels les expérienceurs rapportent des vérifications sur des éléments perçus pendant la phase de sortie hors du corps. Toutefois, la communauté scientifique a souvent tendance à les considérer comme de simples « anecdotes ». Le phénomène est difficilement démontrable sous contrôle scientifique, en témoignent les résultats peu fructueux du chercheur Sam Parnia, qui a mis en place des protocoles au sein des hôpitaux.

A l’ISSNOE, le docteur Sylvie Dethiollaz a choisi une autre approche : s’intéresser aux expérienceurs qui vivent des sorties hors du corps de manière répétée, et même, qui parviennent à les provoquer. Son équipe a essayé de « vérifier si on est en face d’hallucinations ou si on a à faire un phénomène hors norme de la conscience ». Dans ce cadre, elle a travaillé pendant des années avec l’expérienceur Nicolas Fraisse, en réalisant des protocoles en double-aveugle.

Ses recherches ont porté leurs fruits. Peu à peu, Sylvie Dethiollaz est parvenu à la conclusion que les phénomènes d’expérience hors du corps ne sont pas des hallucinations : « il y a bien des personnes qui [sont] capables d’avoir accès à des informations dans une autre pièce alors qu’elles n’y [sont] pas ». Cela ne suffit pas à prouver que la concience se délocalise, mais « il y a suffisamment de données qui vont dans le sens de cette possibilité pour la conscience de ne pas être liée à un point de l’espace et du temps, par exemple notre cerveau, mais qu’elle peut se retrouver à d’autres endroits ».

Alors que la mort l’effrayait au départ, elle considère aujourd’hui que « la conscience n’est pas une production de l’activité cérébrale, un modèle qui va à l’encontre du modèle actuel des neurosciences qui postule que la conscience est une sorte d’épiphénomène ».

Forte de cette conviction, elle se sent aujourd’hui libérée : « je n’ai plus peur de la mort. » C’est pourquoi elle essaie de transmettre ses découvertes, notamment à des fins d’accompagnement en fin de vie.
Pour la chercheuse, adopter cette nouvelle vision de la conscience changerait tout. La mort serait considérée comme un simple changement d’état de conscience (un « changement de fréquence » de la conscience), une idée qui prodiguerait beaucoup d’apaisement :

« C’est ça qui est assez étonnant, car on est dans une société où on a peur de la mort, elle est tabou depuis des dizaines d’années, même plus (…). On refuse de parler des EMI sous prétexte qu’elles ne sont pas prouvées scientifiquement, alors que c’est quelque chose qui apaise les gens. Est-ce qu’il faut vraiment attendre d’avoir une preuve définitive pour en parler ? Moi je pense que ce n’est pas nécessaire. Même par objectivité, on doit donner toutes les informations qu’on a à disposition sur ce sujet. »

Si la science persiste dans cette voie, les découvertes sur la conscience pourraient bien bousculer notre « cadre théorique actuel », fondé sur le matérialisme et les neurosciences. « Le changement de paradigme a déjà commencé il y a plus de cent ans avec l’avènement de la physique quantique qui a remis complètement en question notre vision de la réalité au niveau des particules élémentaires. » Aujourd’hui, les neurosciences sont face à leurs propres limites. Le temps est-il venu de changer de paradigme ?

J.L

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