Maria : « aujourd’hui, j’ai une sorte de paix intérieure, de tranquillité »

Nous avons posé 3 questions à Maria Consola Rizzo, 81 ans, qui habite en Bourgogne. Expérienceuse depuis quarante années, elle a décidé de partager son expérience dans trois livres.

Peux-tu nous parler de ton parcours ?

Le paranormal. Je suis né dedans, comme Obélix. À ma naissance, je suis née sous les bombes en Italie. Un mois après ma naissance, mon père est mort et ma mère est restée veuve avec quatre enfants, ce qui était terrible pour elle. Pendant longtemps, la nuit, mon père venait voir ma mère, elle le voyait comme vivant et il y avait un échange d’informations. Par exemple, il lui avait expliqué comment il était mort, les sensations qu’il avait ressenties, comme un froid qui était monté progressivement des pieds jusqu’à la tête, pendant que la douleur disparaissait. Il lui avait donné tous les détails, en ajoutant qu’il était bien, qu’il n’avait plus mal, et il lui  disait ce qu’elle devait faire pour les enfants, pour trouver un travail… Ma mère nous a tout raconté. Puis nous avons déménagé dans une autre maison, où un homme était décédé. La nuit, ma mère ne pouvait pas dormir car elle entendait des coups sur des seaux en cuivre. Le curé du village lui a dit que c’était l’âme du défunt qui ne voulait pas quitter la maison. Un exorciste est venu deux fois, et ça a fini par fonctionner. Donc depuis toute petite, je crois à ces choses-là, mais je ne le racontais pas, car les gens se moquaient ou allaient tout de suite parler de démons, de diable. Je ressentais une sorte de honte, alors en grandissant, j’ai voulu oublier tout ça. J’ai fait des études, un doctorat en mathématiques. Je me suis mariée, j’ai enseigné… j’ai divorcé et je me suis remariée avec un français… Et malgré ce parcours, il y avait toujours le paranormal qui revenait parfois. Un jour notamment, quand j’habitais en Amérique du Sud, j’ai perdu connaissance comme si un marteau m’avait tapé sur la tête. Quand je me suis réveillée, j’ai su tout de suite que ma mère en Italie venait de mourir. C’était foudroyant, je le savais. Et c’était le cas…

Puis un jour s’est produite ma première sortie de corps, au début des années 80… J’étais en train de me reposer, tout bêtement, et à un moment donné j’ai ressenti une chaleur montée du bas de ma colonne vertébrale, avec un bruit infernal, un bruit de réacteur. Et je suis sortie ! Je me suis retrouvée à…nager dans l’air. En fait, j’avais l’impression que l’air était de l’eau. Je voyais la pièce, tout. Cela a duré une minute et je suis revenu dans mon corps. Puis c’est arrivé d’autres fois, avec moins de bruits. À ce moment-là, j’ai commencé à chercher ce qui m’arrivait ! Et ça a duré plus de 40 ans. J’ai même fait des publications dans des revues. Dans les années 80, peu de publications existaient à ce sujet, mais il y avait au moins Raymond Moody, Alexandra David-Néel, ainsi que quelques mystiques. Etant donné mon passé, j’avais la foi sur le fait que quelque chose existe au-delà de la matière, mais la sortie hors du corps m’est apparue comme une occasion de me prouver les choses : me prouver qu’on ne meurt pas. Alors j’ai tenté de vivre des expériences volontairement. Il m’a fallu six mois d’application de techniques pour arriver à déclencher le phénomène. Quand cela arrivait, je n’allais jamais très loin : je traversais le mur, je regardais le parc. Les couleurs étaient différentes, cela m’apparaissait différemment, mais les sensations étaient extraordinaires. J’avais un autre corps, qu’on appelle corps de lumière, corps astral, ou corps de gloire dans le christianisme.

Comment est née l’idée de tes livres et qu’as-tu voulu transmettre ?

Ce qui m’a poussé à écrire, c’est la mort de ma belle-mère. J’étais à côté d’elle quand elle était en train de mourir. Elle me fixait de son regard et me répétait : « je ne veux pas mourir », comme si moi, je pouvais faire quelque chose. Ma belle-mère était très religieuse, croyante et pratiquante. Alors je me demandais : pourquoi était-elle si désespérée ? Sa foi est-elle superficielle ? Je n’arrivais pas à trouver les mots, alors je me suis sentie stupide et incapable. Comment aider les personnes qui sont en train de mourir ? Les rassurer ? C’est ce que j’ai essayé de faire quand ma sœur est morte. Je lui ai parlé, y compris qu’elle était déjà parti. Et une nuit, elle est venue me voir avec son corps de lumière. Je la voyais au bout du lit et on a parlé. Elle m’a dit que elle était heureuse. Le plus surprenant, c’est qu’à mon réveil, je pouvais sentir son odeur, l’odeur de son corps est restée longtemps dans la chambre.

Alors après cette expérience, je me suis dit qu’écrire pouvait être une manière de transmettre mon vécu, et surtout cette vérité que j’ai découverte : la conscience ne meurt pas. En témoignant dans un livre, je voulais aider les gens dans le deuil. Le projet a commencé en 2010, grâce à un groupe que j’animais sur internet. J’ai commencé à construire un recueil de témoignages et une synthèse de toutes mes études mais sans rajouter de théories : quelque chose que tout le monde peut lire. Puis est venu le deuxième livre qui parle de théories et de techniques. Le troisième livre parle de ma relation particulière au christianisme et du lien qu’il peut y avoir avec la sortie hors du corps. Il décrit toutes les représentations qui ont été faites au sujet du corps astral et montre comment la conception a évolué au sein du christianisme. Alors il est vrai que ce troisième tome dérange les milieux religieux… car je remets en cause les fondements du christianisme. Par exemple, je fais l’hypothèse que Jésus a ressuscité, mais pas avec son corps de chair : je pense qu’il s’est manifesté avec son corps de lumière.

Qu’est-ce que la sortie hors du corps a apporté dans ta vie ?

Grâce à ces expériences, j’ai obtenu l’assurance que la vie se poursuit après la mort, je n’ai plus peur de mourir. Je sais que ma conscience va survivre. Et je peux aider les personnes en deuil, même si en réalité, peu de personnes sont réellement ouvertes à ces sujets. Quand on n’a plus peur de mourir, personne ne peut nous soumettre : c’est une forme de liberté. Pendant des siècles, les gens ont eu peur de l’enfer. Maintenant, ils ont peur d’autres choses : de tomber malade, de mourir. C’est la peur qui domine. Mais quand on n’a plus peur de ça, on vit bien mieux, on arrive à se détacher, tout en faisant du mieux qu’on peut. Aujourd’hui, j’ai une sorte de paix intérieure, de tranquillité. Et toutes les choses qui arrivent, je les vois avec une forme de détachement. Cela ne veut pas dire que je ne me sens pas concernée, mais même si je perds quelqu’un, par exemple, je sais qu’il n’est pas perdu, que je vais le retrouver. Je profite de la vie beaucoup mieux qu’avant !

Le trois livres de Maria : https://www.fnac.com/a20873001/Mme-Hang-La-sortie-hors-du-corps-Tome-1 (voir aussi le II et le III)

                                                                                              

Propos recueillis par Julie Ewa

Laisser un commentaire